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Histoire de notre territoire

Ce qui étonne le plus lorsque l’on parcourt le territoire d’Entre Juine et Renarde, c’est la diversité des paysages, ce passage continuel de vallées en versants et de versants en plateaux, pour replonger de nouveau en vallée…. Cette variété de nos paysages, ces contrastes apparents relèvent cependant d’un même espace historique formant un ensemble aux contours  imprécis , dont les limites ont souvent varié au cours des siècles.
Le paysage lui-même a évolué…

Il y a 10.000 ans entre Juine et Renarde….

Dolmen de Janville-sur-Juine Dolmen de Janville-sur-Juine

Imaginez un instant vous rendre, il y a 10.000 ans, de Villeconin à Etréchy, puis d’Etréchy à Bouray… Vous seriez surpris de voir une vaste forêt à la place des champs de céréales…
Pourtant des hommes ont fait cette route, ils y ont campé, ont abandonné certains de leurs outils. Ils se dirigeaient vers les vallées de la Seine et de l’Orge pour y guetter les troupeaux de chevaux et de rennes en migration vers le Sud. Ils cherchaient un paysage ouvert…ce n’ était pas le nôtre….nous n’étions qu’un lieu de passage.
La période néolithique voit un homme nouveau. Ce n’est plus uniquement un chasseur-cueilleur en perpétuel mouvement mais quelqu’un qui cherche à se stabiliser dans un environnement qu’il a choisi. Il va pratiquer l’élevage et l’agriculture mais pour ce faire, il lui faut de l’eau. Chez nous, cette eau, elle est dans les vallées de la Juine et de Renarde et c’est donc là qu’ils vont installer leurs villages. Des habitats permanents apparaissent à Bouray, Janville, Souzy-la-Briche, Auvers…. Les blocs de grès des versants portent les stries du polissage de leurs haches….et ils construisent à Janville une sépulture monumentale (allée couverte) pour y inhumer leurs défunts…Allez la voir, elle vous attend encore aujourd’hui….

Puis vient l’Âge du Bronze… nos ancêtres d’Entre Juine et Renarde sont alors consommateurs mais non producteurs, ils ont cependant suffisamment de moyens d’échanges pour se procurer haches, épées ou éléments de parures qui les accompagnent dans  l’au-delà. En témoignent les sépultures d’Etréchy, d’Auvers, de Mauchamps, de Boissy-le-Cutté….
Et puis arrive l’Age du Fer, là c’est le mystère…. Rien, à part quelques tessons de poteries qui traînent ici où là…. Pourtant notre communauté n’a pas cessé d’exister. Elle se situe alors dans la zone frontière de trois puissantes tribus gauloises : les Carnutes à l’Ouest, les Parisii au Nord et les Sénons au Sud  et à l’Est.

De grands domaines ruraux….

Dieu de Bouray Dieu de Bouray

Viens la conquête romaine. Notre communauté devient partie intégrante de l’Empire et relève de la province de Quatrième Lyonnaise. La civilisation gallo-romaine qui est devenue la nôtre présente une étonnante synthèse entre la culture romaine et les vieilles traditions gauloises. La statue dite du « Dieu de Bouray », romaine par l’idée qu’elle représente, mais gauloise par son style est l’un des principaux témoins de ce phénomène d’acculturation.
  Le réseau routier, indispensable au développement économique se développe et notre terroir se trouve littéralement coupé en deux par l’axe important que constitue la voie romaine qui, de Lutèce (Paris) gagne Genabum (Orléans). Dans les vallées et sur les rebords des plateaux apparaît un nouveau type d’habitat : la villa romaine, à la fois ferme et résidence, centre d’un vaste domaine agricole cadastré et bien géré. Les plans de ces bâtiments construits en pierres de tailles, contrairement aux maisons gauloises de terre et de bois, sont encore visibles aujourd’hui sur certaines photos aériennes (Villeconin, Bouray, Mauchamps, Torfou…)
Certaines d’entre elles, comme celle de Souzy-la-Briche, pavées de marbre et de mosaïques et dotées de thermes luxueux, étaient sans doute la propriété de riches marchands ou de hauts fonctionnaires impériaux.

Le temps des défrichements et des églises…

Église de Saint-Sulpice-de-Favières Église de Saint-Sulpice-de-Favières

La chute de l’Empire Romain à la fin du IVe siècle  et l’avènement des rois francs, voit l’abandon progressif des villae au profit de la notion de village. Cette nouvelle structure d’habitat groupé dont le centre est l’église se met en place dans le courant des IXe et Xe siècle avec l’apparition du système féodal. Peu de vestiges et de traces archéologiques subsistent de cette période connue sous le nom de Haut Moyen Age.  Sous l’impulsion des moines, appuyés par le pouvoir royal les plateaux, vont être défrichés entre le XIe et le XIIIe siècle et la vigne va se développer sur les coteaux. Nos communes relèvent alors du Pagus Stampiensis (pays d’Etampes) et de trois diocèses, celui de Chartres à l’ouest et celui de Sens à l’est. Seuls, Torfou et Mauchamps dépendaient du diocèse de Paris.
C’est à cette période médiévale que remontent en grande partie les paysages que l’on peut observer aujourd’hui dans l’intercommunalité. Ce début du XIIIe siècle voit aussi certains de nos villages se doter d’églises imposantes comme c’est le cas à Etréchy ou surtout à Saint-Sulpice-de-Favières, mais aussi d’édifices plus modestes comme à Villeconin, Mauchamps, Auvers-Saint-Georges, Bouray, Torfou….Mais l’on ne saurait parler de Moyen-Age sans évoquer  un autre aspect architectural de cette période : le château. Il est alors intéressant de noter qu’à l’exception de quelques maisons fortes à Etréchy, Bouray ou Janville, une seule forteresse féodale a été édifiée sur notre terroir. Il s’agit du premier château de Villeconin dont les ruines imposantes sont encore visibles aujourd’hui. Les raisons en sont simples. La voie Paris-Orléans, reliant deux villes fortes du royaume se devait d’être sécurisée et donc le pouvoir royal conforté, face à de petits seigneurs souvent en rébellion.
Mais le « temps des  Cathédrales » a été marqué aussi par des évènements graves comme ce fût le cas pour la guerre de Cent Ans. Notre terroir n’a pas échappé aux misères de cette époque puisqu’il fût ravagé à plusieurs reprises par des incursions anglaises, entraînant pillages et incendies. Certaines communes comme Saint-Sulpice-de-Favières et Villeconin souffrirent particulièrement de ces évènements.

Les malheurs de la guerre…

Si le XVIe siècle constitue une période de reprise économique et d’essor démographique (la population de nos communes double pendant cette époque), les années 1570 marquent l’arrivée d’une nouvelle épreuve, les guerres de religion, suivie moins d’un siècle plus tard par une seconde : La Fronde des Princes. Situées entre Etampes et Paris, nos communes ont vu défiler et séjourner à tour de rôle sur leurs terroirs des milliers de mercenaires appartenant à l’armée royale ou à celle des Princes. Pillages, meurtres, destructions des récoltes, désordre général sévissent durant cette année 1652. Même les églises ne sont pas respectées. Celles d’Etréchy, d’Auvers-Saint-Georges, de Villeconin sont pillées. Les vignes des coteaux d’Etréchy et de Vaucelas sont dévastées par les chevaux qui se nourrissent des feuilles et des bourgeons. Des maisons et des fermes sont pillées et brûlées à Etréchy, mais aussi à Chamarande et Villeconin. A Torfou, les habitants abandonnent leur village, pour  se réfugier avec leurs maigres biens à la Ferme des Bois-Blancs qui se dissimule dans les taillis dominant Avrainville. Famine, maladies viennent aggraver l’ampleur de la mortalité de cette terrible année de guerre. Nos villages, ruinés, mettront plus de dix ans à se relever de ces conséquences économiques et démographiques

Un monde rural qui stagne…

Chateau de Chamarande Chateau de Chamarande

Puis arrive la fin du XVIIe et le XVIIIe siècle, période de paix relative pour nos campagnes. Notre terroir dépend alors essentiellement du Marquis de Talaru, seigneur de Chamarande. Pendant la révolution, tout reste relativement calme, mais le problème reste celui du manque de subsistances causées par les réquisitions de blé et de seigle. Viennent celles des chevaux et des hommes destinés aux armées de la République. Nos communes devront fournir en tout 35 hommes et 59 chevaux. Pourtant, nos ancêtres de la France du Nord-Est n’ont pas dû voir passer beaucoup de soldats originaires de notre communauté de communes, la grande majorité d’entre eux ayant… payé des remplaçants ! Et puis le temps continue de s’écouler entre récoltes, vendanges et querelles de clocher…

Le temps du changement…

Voilà que ce petit monde rural qui était le nôtre se trouve soudain bouleversé par une nouveauté : la ligne de chemin de fer Paris / Orléans . En 1842, une gare est ouverte à Etréchy puis quelques années plus tard, c’est le tour de Bouray et de Chamarande. Désormais, on peut aller faire ses courses à Paris ou venir en fin de semaine passer le Dimanche à la campagne. Des bourgeois et des rentiers d’Etampes mais aussi de Paris, à la recherche de lieux desservis rapidement, vont venir s’installer à Bouray, Chamarande et Etréchy, permettant ainsi un développement de l’artisanat et du commerce local…puis vient l’automobile et l’entrée de notre communauté de communes dans l’ère industrielle…. Viennent deux guerres puis…nous nous retrouvons en 2007, liés par une histoire commune, faite par le bonheur, le malheur et le travail de ceux qui nous ont précédés !  

Crédits photos : dolmen : Marylène Lariere-Cabiran - statue : M.A.N. - église : SDPA - chateau : Conseil Général de l'Essonne